Affaire Serges Maurice Mabiala : la boite de pandore est-elle ouverte ?

jeudi 24 septembre 2015 Politique


Serges Maurice Mabiala, ancien ministre et par ailleurs, ancien Directeur de Cabinet adjoint du Président de la République découvre, depuis peu la triste et dure réalité carcérale. Une première dans l’histoire du pays ! Cette incarcération est-elle un simple feu de paille ? Sonne-t-elle la fin de l’ère de l’impunité, longtemps cultivée dans l’Administration gabonaise ? Ou simplement d’un règlement de compte ? Analyse.

Il est difficile de ne pas voir dans l’incarcération de Serges Maurice Mabiala, membre du Bureau Politique du « parti de masse », un coup bas, politico-politicien, interne au Parti Démocratique Gabonais. Sinon, comment comprendre, ce dépoussiérage tardif des dossiers compromettants ? Ce proche d’Alexandre Barro Chambrier, chef de file de « Héritage & Modernité », paye, très certainement, pour l’insubordination de ses camarades « frondeurs ». L’étalage sur la place publique de linge sale du PDG, n’a pas été bien perçu par la tête de cette formation politique et d’autres membres influents. « A la guerre, comme à la guerre » dit la maxime, il fallait s’attendre à une guéguerre intestine. Ne dit-on pas qu’ « en politique tous les coups sont permis ». Appartenant à une communauté ethnique minoritaire et n’ayant pas de gros soutiens politico-social, Serges Maurice Mabiala, apparait comme une parfaite victime expiatoire. A cela s’ajoute la « controversée » Prime d’Incitation à la Performance, la PIP, dont il en est le concepteur. La mise en musique de cette réforme a été, bien, fastidieuse et son payement donne du tournis aux régies financières, surtout avec cette chute vertigineuse du prix du baril de pétrole.

Arrestation de Mabiala : oui, mais …

Dans le fond, il est indiscutable d’écrouer tout « criminel économique » s’illustrant dans le détournement des deniers public, à la seule et unique condition que la justice soit la même pour tous. Une justice à deux vitesses ne saurait exister dans un pays, aspirant à atteindre l’émergence à l’horizon 2025. Et pour ce faire, les juges financiers de la Cour des Comptes et autres institutions, doivent fouiner, farfouiller et auditer également les fonctionnaires ordonnateurs de dépenses, actuellement en poste au sein de l’Administration. L’adage biblique, ne dit-il pas « qu’en toute chose, il y’a l’ivraie et le bon grain » ? De nombreux gabonais taquinent le doux rêve de voir la justice épingler les auteurs et acteurs des éléphants blancs des fêtes tournantes, sans omettre la chaine de fonctionnaires véreux et fictifs qui font perdre à l’Etat, des milliards d’espèces sonnantes et trébuchantes, depuis belle lurette.

Les conclusions des audits des fêtes tournantes et de la Fonction publique ressemblent à une arlésienne, tant leurs divulgations tardent à voir le jour. Les criminels « économiques » continuent de rouler carrosse et de se pavaner sans être inquiétés. Que fait-donc la Commission Nationale de Lutte contre l’Enrichissement Illicite, créée le 7 mai 2003 ? Qu’attend Sidonie Flore Itsiembou Ouwé, Procureur de la République près le Tribunal Spécial de Luute contre la délinquance financière et économique pour traquer tous les bandits à col blancs de la République ? Serges Maurice Mabiala n’est pas le seul à trainer des casseroles. Après lui à qui le tour ?

 


Paul Ndombi

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