Accords politiques d’Angondjé : Où en est-on, deux ans après ?

jeudi 19 septembre 2019 Politique


La question est posée alors que certaines voix s’élèvent dans certains milieux politiques et même de la société civile pour réclamer la tenue d’un nouveau dialogue plus inclusif et sincère. A cette demande, des leaders de l’opposition modérée rétorquent que le dialogue politique avait abouti à un arsenal de résolutions suffisantes pour développer le pays à tous les niveaux et qu’il suffit seulement de les appliquer plutôt que d’organiser à coup de millions, un nouveau dialogue.

Elections politiques à deux tours, Assemblée nationale augmentée de 120 à 143 sièges, Un Sénat de 102 à 52 sièges, adoption d’une nouvelle constitution. Voilà les conclusions de l’accord politique d’Angondjé appliquées jusqu’ici par le gouvernement. Un bilan bien loin des attentes des autres parties prenantes qui dénoncent jusqu’ici, la mauvaise volonté du pouvoir. Lequel n’a cessé de multiplier des stratégies pour mettre entre parenthèses, l’esprit des résolutions du dialogue politique. Et les raisons avancées sont nombreuses.

La première est la mise en place d’un Comité de suivi et d’évaluation des actes du dialogue. Un Comité mixte, co-présidé par l’opposition et la majorité, du moins, l’opposition ayant pris part aux discussions en 2017. A ce jour, regrettent la plupart des dialogueurs d’Angondjé, le fameux Comité ne fonctionne pas, faute de moyens.
Et la cible des accusations est bel et bien trouvée, c’est le gouvernement qui sape ingénieusement les termes d’un accord pourtant signé par toutes les parties.

Certains regrettent même qu’on ait eu encore besoin de créer un Comité de suivi des actes du dialogue pour gaspiller encore plus d’argent, alors qu’il suffisait seulement de confier cette mission à une structure déjà existante, le Conseil National de la Démocratie (CND). L’autre raison qui concentre les critiques de ceux qui se disent lésés est sans doute la configuration du gouvernement qui, à leurs yeux, ne respecte plus l’esprit de l’accord, voulant que la formation du gouvernement tienne compte des équilibres des partis et autres organisations ayant pris part à la table des négociations.

A ce jour, excepté René Ndemezo’o Obiang, le leader de Démocratie Nouvelle, qui trône encore à la présidence du Conseil économique, social et environnemental, toutes les autres personnalités appelées au gouvernement et dans bien d’autres institutions, dans le cadre de cet accord ont été remerciées. Un fait que regrette d’ailleurs l’ancien ministre de l’Energie, Patrick Eyo Edzang, qui déplore en même temps le fait que ce soient d’autres personnalités, qui figurent au gouvernement. Allusion faite directement aux ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale, Jean de Dieu Moukagni Iwangou et Michel Menga, deux anciens membres de la coalition pro-Ping, qui, au plus fort de la contestation post-présidentielle de 2016, avaient pourtant rejeté vigoureusement l’idée de tout dialogue avec Ali Bongo.

Le pouvoir a-t-il largué les autres participants au dialogue pour ses propres intérêts ? En tout cas, eux, veulent le croire. Car deux ans après ces assises, il y a manifestement de la part du pouvoir, une volonté délibérée de torpiller ou même de marcher sur l’accord politique d’Angondjé dont l’objectif, selon certaines critiques, était juste de faire retomber la contestation encore tenace à l’époque. Et que la tempête passée, les intentions et les objectifs du pouvoir sont désormais ailleurs.


Leno KOLEBA

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