11e Congrès du PDG : Le parti a refusé de mourir !

lundi 11 décembre 2017 Politique


Traqué et vilipendé par l’opposition, affaibli par l’éclosion en son sein de tendances et courants politiques variés, le Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir depuis près d’un demi-siècle jouait le week-end écoulé, l’épreuve ultime de sa survie politique à travers son 11e congrès ordinaire que nombreux pressentaient comme le congrès de la fin. Il n’en fut rien. Dans une salle comble, le vieux parti jadis de masses a démontré combien il ne compte pas lâcher les choses.

Ce doit être la désillusion pour tous ceux qui, du côté de majorité ou de l’opposition modérée avaient prédit très tôt, l’éclatement mortel du parti de feu Omar Bongo Ondimba à l’occasion de son 11e congrès ordinaire avancé, qui s’est tenu 8 au 10 décembre 2017 au stade d’Angondje à Libreville. Et pour cause, le PDG, à l’exemple d’un grand malade secoué de toutes parts, développait depuis un moment, tous les symptômes d’une mort certaine : le désordre enregistré lors des conseils provinciaux d’octobre et novembre derniers, désordre qui, dans certaines provinces a tourné aux affrontements verbaux, avec des magouilles manifestes ; la naissance des courants politiques différents en son sein, le dernier en date étant Actions et perspectives pour le président de la république, l’APR vu comme le rival direct du MOGABO, le Mouvement des amis pour Ali Bongo Ondimba, même si les deux tendances disent, chacune défendre l’image d’un Ali Bongo mis à mal depuis sa réélection contestée à la présidentielle d’août 2016.

A ces tensions intestines, il faut ajouter les attaques de certains alliés de la majorité républicaine et sociale pour l’émergence et même de l’opposition modérée pour qui, le parti démocratique gabonais est sans doute l’obstacle majeur au développement du Gabon.
Pour ceux-là, il fallait donc dissoudre le parti, du moins Ali Bongo se devait de le dissoudre pour créer son propre parti qui aurait l’adhésion massive des Gabonais.

L’appel de Guy Christian Mavioga

Le premier à avoir porté cette charge contre le PDG a été, contre toute attente le secrétaire exécutif du Bloc démocratique gabonais, par ailleurs porte-parole de la majorité, Guy Christian Mavioga. Il l’a fait savoir à l’occasion du huitième anniversaire d’Ali Bongo au pouvoir en octobre dernier. La réponse virulente et disproportionnée du PDG ne l’aura pas dissuadé dans sa volonté de voir disparaître ce parti cinquantenaire au pouvoir puisqu’il l’a encore réitéré récemment à l’occasion d’une conférence de presse.
Outre Mavioga, des opposants considérés comme tendres avec Ali Bongo, son ancien ministre de l’Habitat, Bruno Ben Moubamba, et Gérard Ella Nguema, tous deux, anciens candidats à la dernière présidentielle considèrent que le Chef de l’Etat gabonais est l’otage du PDG. Un PDG sans la dissolution duquel, il n’y aura jamais d’émergence prônée par Ali Bongo à l’horizon 2025. Ali Bongo leur a répondu que son parti ne mourra pas, et qu’au contraire il était bien là debout. C’était à l’occasion de son discours du congrès vendredi dernier.

La mort tant vaticinée du PDG lors de ce congrès n’aura donc pas eu lieu. Il y a une sorte de "régénération" in extremis d’un parti qui refuse de mourir chaque fois qu’on le croit sur le point de rendre l’âme. Tant qu’il aura le pouvoir et les moyens du pouvoir, le PDG ne mourra pas de sa belle mort, il faudra certainement l’y contraindre.


Leno KOLEBA

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